Métiers de la santé · après le bac

Devenir medecin

Le parcours médical est long, jalonné, et il comporte deux sélections d'une nature différente : l'une à l'entrée, qui détermine si l'on poursuit, l'autre en fin de deuxième cycle, qui détermine ce que l'on devient. Les confondre fait mal préparer les deux.

L'entrée : deux voies, un même objectif

L'accès aux études de santé se fait par deux chemins, à choisir sur la plateforme nationale d'admission. Le premier est un parcours spécifique santé, majoritairement consacré aux enseignements de santé avec une mineure dans une autre discipline.

Le second est une licence dans une autre discipline — biologie, chimie, droit, psychologie, sciences et techniques des activités physiques — comportant une option accès santé. On y suit un cursus de licence complet, avec des enseignements de santé en plus.

La différence n'est pas de difficulté mais de repli : en cas d'échec, la seconde voie laisse une année de licence validée dans une discipline choisie, alors que la première oriente vers une réorientation. C'est le critère qui devrait guider le choix, davantage que la réputation de l'une ou l'autre.

La suite du parcours, cycle par cycle

Une fois l'entrée franchie, la progression est balisée et longue.

  1. Premier cycle : sciences fondamentales, sémiologie, premiers stages hospitaliers.
  2. Deuxième cycle : l'externat — l'étudiant est à l'hôpital une partie de la semaine et en cours le reste.
  3. Fin de deuxième cycle : des épreuves nationales déterminent l'accès aux spécialités et aux villes.
  4. Troisième cycle : l'internat, dont la durée dépend de la spécialité choisie.
  5. Thèse d'exercice : elle conditionne le titre de docteur en médecine.

La deuxième sélection, celle qu'on prépare mal

Les épreuves de fin de deuxième cycle ne décident pas si l'on sera médecin — à ce stade, la question est réglée — mais quelle spécialité et quelle ville on obtiendra.

C'est une différence de nature. La première sélection est éliminatoire ; la seconde est distributive. Un étudiant classé au milieu deviendra médecin, mais pas nécessairement dans la spécialité qu'il visait.

Les modalités de ces épreuves ont été réformées récemment et continuent d'évoluer : elles combinent désormais des connaissances, des compétences cliniques évaluées en situation et le parcours de l'étudiant. Il faut se référer à l'information officielle de l'année en cours plutôt qu'à un témoignage d'ancien.

Ce que le métier demande, au-delà des notes

Les qualités qui font tenir dans ce parcours ne sont pas celles que la sélection mesure, et il est honnête de le dire à un lycéen.

L'endurance d'abord : le cursus est long, l'externat et l'internat imposent des rythmes lourds combinés à un travail personnel constant.

La capacité à supporter l'incertitude ensuite : une grande partie de l'exercice consiste à décider sans disposer de toutes les informations, et à assumer cette décision.

Le rapport à la relation, enfin. La médecine est un métier de contact permanent avec des personnes inquiètes, parfois hostiles, souvent vulnérables. Un stage d'observation ou une expérience de bénévolat en milieu de soin en dit plus sur cette dimension qu'une année entière de préparation.

Les autres voies vers le soin

L'entrée en médecine n'est pas la seule porte, et connaître les autres avant de candidater évite de vivre un échec comme une fin.

Les études de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique partagent la même première année. Les instituts de formation en soins infirmiers recrutent directement sur la plateforme nationale, sans passer par cette première année.

La kinésithérapie, l'ergothérapie, l'orthophonie, la psychomotricité ont leurs propres voies d'accès, certaines via la première année de santé, d'autres via des licences ou des concours propres.

Ces métiers ne sont pas des lots de consolation : ce sont des professions distinctes, avec leurs exigences et leurs satisfactions propres, et il vaut mieux les avoir explorées avant de candidater qu'après un refus.

Questions fréquentes

Quelle voie d'entrée choisir ?

Celle dont le repli vous convient. La licence avec option santé conserve une année validée dans une discipline que vous avez choisie ; le parcours spécifique santé est plus concentré sur la santé mais laisse moins en cas d'échec.

Combien de temps durent les études ?

De l'ordre d'une dizaine d'années selon la spécialité, entre l'entrée et la fin de l'internat, auxquelles s'ajoute la thèse d'exercice. La durée du troisième cycle varie sensiblement d'une spécialité à l'autre.

Que se passe-t-il en cas d'échec à l'entrée ?

Cela dépend de la voie choisie. Les autres métiers du soin — soins infirmiers, kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie — ont leurs propres accès et méritent d'être explorés avant de candidater.

Les épreuves de fin de deuxième cycle décident-elles de tout ?

Elles décident de la spécialité et de la ville, pas du fait de devenir médecin. Leurs modalités ont été réformées : il faut consulter l'information officielle de l'année en cours.

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