Métiers de la santé · après le bac

Devenir dentiste

La chirurgie dentaire partage sa première année avec la médecine, puis s'en éloigne complètement. C'est la profession de santé où la dextérité manuelle compte le plus, et où l'exercice est le plus souvent celui d'un chef d'entreprise autant que d'un soignant.

L'entrée, commune avec les autres études de santé

L'accès passe par les mêmes voies que la médecine : un parcours spécifique santé, ou une licence comportant une option accès santé, à choisir sur la plateforme nationale d'admission.

Le choix entre ces deux voies obéit à la même logique : que reste-t-il en cas d'échec ? La licence avec option santé conserve une année validée dans une discipline choisie.

Une remarque utile : on ne candidate pas à « dentaire » à l'entrée. On candidate aux études de santé, et la filière se détermine ensuite selon le classement et les vœux. Un candidat qui vise la chirurgie dentaire doit donc préparer la même première année qu'un futur médecin.

La dimension manuelle, propre à ce métier

C'est ce qui distingue le plus nettement cette formation des autres études de santé, et elle apparaît tôt dans le cursus.

Les travaux pratiques sur simulateur commencent avant les soins sur patient : on apprend à tailler, à sculpter, à ajuster, sur des dispositifs qui reproduisent la bouche. La précision demandée se compte en fractions de millimètre.

Cette exigence ne se devine pas au lycée et ne correspond à aucune matière scolaire. Certains étudiants excellents en sciences s'y révèlent moyens ; d'autres, plus discrets, y trouvent leur voie.

Le travail se fait par ailleurs dans un espace très réduit, sur un patient éveillé, souvent anxieux, et dans une posture physiquement contraignante. La dimension corporelle du métier est réelle et se paie sur une carrière.

Le cursus, du théorique au clinique

La progression suit une logique constante : les sciences fondamentales d'abord, la simulation ensuite, la clinique enfin.

  1. Premières années : sciences fondamentales, anatomie, physiologie, biomatériaux.
  2. Travaux pratiques sur simulateur : gestes techniques, prothèse, restauration.
  3. Stages cliniques : soins sur patients, sous supervision, dans un centre de soins universitaire.
  4. Thèse d'exercice : elle conditionne le diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire.
  5. Internat, pour les spécialités : orthodontie, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire.

Un métier d'entrepreneur

C'est la réalité que les étudiants découvrent le plus tard, et elle structure pourtant la vie professionnelle.

L'exercice est majoritairement libéral. Installer un cabinet suppose un investissement matériel important, un local, du personnel, une comptabilité, une relation avec les organismes de remboursement et des obligations de conformité.

Le praticien est donc à la fois soignant et gestionnaire, et beaucoup découvrent qu'ils passent une part significative de leur temps sur des tâches qui n'ont rien de clinique.

Des alternatives existent : le salariat en centre de santé, l'exercice hospitalier, la collaboration au sein d'un cabinet existant avant de s'installer. Elles méritent d'être connues, car elles changent complètement le rapport au métier.

Ce qui aide à savoir si c'est fait pour soi

Aucune matière du lycée ne prédit l'aptitude à ce métier, ce qui rend l'auto-évaluation difficile.

Deux indices valent la peine d'être considérés. Le goût pour les activités manuelles de précision — modelage, maquette, instrument de musique, travaux minutieux — est un indicateur plus pertinent que les notes en sciences.

La capacité à travailler au contact physique immédiat d'une personne inquiète en est un second. Un stage d'observation dans un cabinet, même d'une journée, renseigne mieux sur ces deux points que n'importe quelle documentation.

Questions fréquentes

L'entrée est-elle la même qu'en médecine ?

Oui, par un parcours spécifique santé ou une licence avec option accès santé. On ne candidate pas directement en chirurgie dentaire : la filière se détermine ensuite selon le classement et les vœux.

Faut-il être habile de ses mains ?

C'est un élément déterminant, et il apparaît dès les travaux pratiques sur simulateur. Le goût pour les activités manuelles de précision est un meilleur indice d'aptitude que les résultats scientifiques.

L'exercice est-il forcément libéral ?

Non, mais il l'est majoritairement. Le salariat en centre de santé, l'exercice hospitalier et la collaboration en cabinet constituent des alternatives qui changent nettement le quotidien.

Existe-t-il des spécialités ?

Oui, accessibles par internat : orthodontie, chirurgie orale, médecine bucco-dentaire. Elles allongent la durée des études et se décident en fin de cursus.

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