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Licence Lettres : modernes ou classiques, comment trancher

« Faire des lettres » recouvre deux mentions qui ne demandent pas le même travail et n'ouvrent pas exactement les mêmes portes. Le choix se fait à l'inscription et il structure les trois années : mieux vaut le poser clairement dès le lycée.

Deux mentions, une différence claire

Les lettres modernes portent sur la littérature de langue française, de ses origines médiévales à la période contemporaine, avec une composante de linguistique française et une ouverture sur les littératures étrangères en traduction.

Les lettres classiques ajoutent à ce socle l'étude du latin et du grec ancien : langues, textes, civilisations. Ce n'est pas un supplément anecdotique mais un volume horaire substantiel qui structure l'emploi du temps.

Un point rassure souvent les candidats : les universités proposent des groupes pour grands débutants en langues anciennes. Ne pas avoir fait de latin au collège ne ferme pas la porte des lettres classiques, à condition d'accepter un travail supplémentaire les deux premières années.

Ce que contient le cursus

Au-delà de la lecture d'œuvres, la licence de lettres comporte des enseignements techniques que les candidats n'anticipent pas toujours.

  • **Littérature française** : par périodes, du Moyen Âge au contemporain.
  • **Ancien français** : une langue à apprendre, avec sa grammaire et sa traduction.
  • **Linguistique et grammaire** : phonétique, morphologie, syntaxe, sémantique.
  • **Stylistique** : analyse des procédés d'écriture.
  • **Littérature comparée** : mise en relation d'œuvres de langues différentes.
  • **Langues anciennes**, pour la mention classique.

Les exercices et ce qu'ils évaluent

Trois exercices structurent l'évaluation, et chacun sanctionne une compétence différente.

L'explication de texte procède ligne à ligne et exige une attention aux choix d'écriture : lexique, syntaxe, rythme, images. Elle ne tolère ni la paraphrase ni le survol.

La dissertation littéraire construit une réflexion sur une question de poétique ou d'histoire littéraire, appuyée sur des œuvres précises. Le commentaire composé, enfin, organise l'analyse d'un texte autour d'axes construits plutôt que de suivre son déroulement.

La compétence commune à ces trois exercices est l'écriture. C'est elle qui progresse le plus au cours des trois années, et c'est elle que valorisent tous les débouchés de la filière.

Choisir sa formation

La licence de lettres est un diplôme national, et les concours de l'enseignement sont nationaux. Les critères utiles sont donc d'ordre pratique.

  1. L'existence de groupes de langues anciennes pour débutants, si l'on envisage les lettres classiques.
  2. Les parcours proposés : lettres et arts, lettres et langues, préparation aux métiers du livre.
  3. L'existence d'une préparation aux concours de l'enseignement dans l'établissement.
  4. Les doubles licences, notamment avec l'histoire, la philosophie ou une langue vivante.
  5. L'accès aux ressources documentaires et le fonds de la bibliothèque universitaire.

Les débouchés réels

L'enseignement demeure le débouché principal, par les concours de recrutement du second degré, préparés après la licence.

Au-delà, la filière alimente les métiers de l'édition, de la correction et de la traduction, la communication écrite et le journalisme, la documentation et les bibliothèques, la médiation culturelle, la rédaction professionnelle et, de façon croissante, les métiers liés aux contenus numériques.

Le point commun à ces débouchés est une compétence rare et vérifiable : écrire une prose exacte, claire et adaptée à son destinataire. C'est ce que trois ans de lettres entraînent réellement.

Questions fréquentes

Faut-il avoir fait du latin pour les lettres classiques ?

Non, les universités proposent des groupes pour grands débutants. Il faut en revanche accepter un travail supplémentaire sur les deux premières années pour rattraper les bases de langue.

Lettres modernes ou lettres classiques pour enseigner ?

Les deux mentions donnent accès aux concours de l'enseignement des lettres. Les lettres classiques comptent traditionnellement moins de candidats, ce qui rend le rapport entre postes et candidats souvent plus favorable.

L'ancien français est-il vraiment obligatoire ?

Oui, il figure au programme des licences de lettres. C'est une langue à part entière, avec sa grammaire et ses exercices de traduction, et elle surprend souvent les étudiants la première année.

Quelle spécialité choisir au lycée ?

Humanités, littérature et philosophie constitue la préparation la plus directe. L'associer à une langue ou à l'histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques offre une base large et cohérente.

En conclusion

Le choix entre lettres modernes et lettres classiques se pose avant l'inscription et engage les trois années. Dans les deux cas, ce que la licence développe réellement est une capacité d'analyse et d'écriture qui reste valorisable bien au-delà de l'enseignement.

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