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Mnémoniques pour les tables : 5 trucs

Les tables ne s'apprennent pas en une fois : elles s'installent sur toute une année, et l'ordre dans lequel on les aborde change beaucoup la difficulté ressentie. Les mnémoniques ne sont utiles qu'à un moment précis de ce parcours, comme béquilles temporaires. Voici le calendrier, et cinq trucs qui marchent.

Septembre-octobre : commencer par ce qui se déduit

Trois tables ne s'apprennent pas vraiment, elles se comprennent : celle de 2 est le double, celle de 5 se reconnaît à ses résultats terminés par 0 ou 5, celle de 10 ajoute un zéro. Les installer d'abord donne un socle et de la confiance.

Un truc qui rend la table de 5 immédiate : pour un nombre pair, prendre sa moitié et ajouter un zéro. Cinq fois huit, moitié de huit égale quatre, donc quarante. Cela se vérifie en deux secondes et l'enfant peut le contrôler lui-même, ce qui est essentiel.

Novembre-décembre : réduire le nombre de faits à retenir

C'est l'étape que l'on saute et qui change tout. Une fois comprise la commutativité, c'est-à-dire que sept fois huit donne le même résultat que huit fois sept, la moitié du tableau disparaît. Il reste beaucoup moins de faits à mémoriser qu'il n'y paraît.

Faites-le constater plutôt que de l'énoncer : dessinez un quadrillage de sept lignes sur huit colonnes, faites-le tourner d'un quart de tour, comptez à nouveau. Le nombre de cases n'a pas changé. Un enfant qui a vu cela ne l'oublie plus.

Janvier-mars : cinq trucs pour le noyau dur

Ce sont des béquilles assumées : elles servent à donner le bon résultat pendant que la mémorisation s'installe, pas à la remplacer.

  1. **La somme des chiffres de la table de 9 fait toujours 9.** Neuf fois sept égale soixante-trois, et six plus trois font neuf. C'est un moyen de vérification instantané.
  2. **Multiplier par 4, c'est doubler deux fois.** Quatre fois sept : sept doublé fait quatorze, quatorze doublé fait vingt-huit.
  3. **Les carrés comme points d'ancrage** : six fois six font trente-six, sept fois sept font quarante-neuf, huit fois huit font soixante-quatre. À partir d'un carré connu, on avance d'un cran en ajoutant le nombre.
  4. **Le truc de 5, 6, 7, 8** : cinquante-six égale sept fois huit. Les quatre chiffres se suivent dans l'ordre, ce qui rend ce fait, souvent le plus résistant, immédiatement récupérable.
  5. **Multiplier par 9, c'est multiplier par 10 puis retirer une fois le nombre.** Neuf fois six : soixante moins six, cinquante-quatre.

Avril-juin : passer de la béquille à l'automatisme

Une mnémonique qui reste utilisée en fin d'année est un problème : elle prend deux secondes, et deux secondes par calcul suffisent à bloquer un exercice de division ou de proportionnalité.

Le passage à l'automatisme demande des interrogations courtes, en désordre, très fréquentes. Deux minutes par jour, dix questions posées à l'improviste dans la voiture ou en mettant la table, valent bien mieux qu'une récitation hebdomadaire dans l'ordre.

Ce qui ne marche pas, et pourquoi

Faire réciter les tables dans l'ordre, du début à la fin. L'enfant retient une chanson, pas des résultats : il donne la bonne réponse en séquence et s'effondre dès qu'on lui demande sept fois huit isolément.

Le test qui tranche : faites réciter dans l'ordre, puis posez quatre questions en désordre. Si l'écart est important, c'est une mémoire de séquence, et il faut reprendre par des interrogations en désordre plutôt que par davantage de récitation.

Questions fréquentes

Dans quel ordre apprendre les tables ?

2, 5 et 10 d'abord, parce qu'elles se déduisent. Puis 4 et 9, qui ont des astuces solides. Le noyau dur, autour de 6, 7 et 8, en dernier, une fois la commutativité comprise et la confiance installée.

Combien de temps par jour ?

Deux à cinq minutes suffisent, tous les jours. Les tables relèvent de l'automatisation, qui se construit par fréquence et non par durée. Une séance de trente minutes le dimanche produit très peu.

Les chansons et les applications sont-elles efficaces ?

Utiles pour la première mémorisation, insuffisantes ensuite : elles installent souvent une mémoire de séquence. Il faut impérativement les compléter par des interrogations en désordre.

Mon enfant compte sur ses doigts en CM1.

Ce n'est pas grave en soi, c'est un signal : les faits ne sont pas encore automatisés. Le travail porte sur des interrogations très courtes et très fréquentes en désordre, pas sur l'interdiction des doigts, qui ne ferait que supprimer sa béquille.

Faut-il continuer les tables au collège ?

Si elles ne sont pas automatiques, oui, et c'est prioritaire. Un collégien qui cherche ses tables n'a plus d'attention disponible pour la division, les fractions ou le calcul littéral, et le retard se propage à tout le programme.

En conclusion

Mnémo + chant = tables solides.

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